Mesurer ses relations presse tourisme repose sur quatre indicateurs : les retombées publiées, l'audience cumulée, l'équivalent valeur publicitaire (AVE) et les leads générés. Chacun répond à une question différente, et aucun ne suffit seul. La méthode de calcul doit être écrite dans chaque rapport pour que les chiffres soient vérifiables.
Un rapport de relations presse qui se résume à une pile d'articles ne permet pas de décider. Un rapport qui empile des chiffres sans méthode non plus. Voici comment nous mesurons les relations presse chez Travel-Insight, ce que chaque indicateur dit et ne dit pas, et comment présenter les résultats à une direction ou à des élus.
Indicateur 1 : les retombées
Une retombée est un contenu publié par un média qui mentionne votre destination ou votre marque à la suite d'une action de relations presse : article, reportage, chronique radio, sujet télévisé, publication en ligne. C'est l'indicateur le plus concret, celui que tout le monde comprend.
Ce qu'il faut compter
- Le nombre de retombées, par type de média : presse écrite, télévision, radio, web.
- La part des médias prioritaires, définis au cadrage, dans le total.
- La place de la marque dans le contenu : sujet principal, citation, simple mention.
- La présence des messages clés et des liens vers vos sites de réservation.
Ce qu'il ne dit pas
Le nombre brut de retombées ne dit rien de leur qualité. Dix brèves dans des sites de reprise valent moins qu'un reportage de quatre pages dans un magazine lu par votre clientèle. C'est pourquoi nous suivons toujours la part de médias prioritaires.
Indicateur 2 : l'audience cumulée
L'audience cumulée additionne l'audience déclarée de chaque média ayant publié une retombée. Elle donne un ordre de grandeur du nombre de contacts potentiels touchés. Pour la presse écrite, on utilise l'audience ou la diffusion certifiée quand elle existe ; pour le web, les données de fréquentation disponibles ; pour l'audiovisuel, l'audience de l'émission.
C'est un indicateur de portée, pas de lecture effective : tous les lecteurs d'un magazine ne lisent pas l'article qui vous concerne. Il faut donc l'interpréter comme un potentiel. Dans nos études de cas, nous l'appelons « contacts potentiels ». Le programme mené pour Madère en a généré plus de 358 000 000 sur les marchés francophones.
Indicateur 3 : l'équivalent valeur publicitaire (AVE)
L'AVE estime ce qu'aurait coûté l'espace occupé par une retombée s'il avait été acheté en publicité, à partir des tarifs publics des médias. C'est l'indicateur le plus demandé par les directions financières, et le plus discuté par les professionnels.
Comment le calculer honnêtement
- Utiliser les tarifs publics de l'espace publicitaire, au format réellement occupé.
- Ne pas appliquer de coefficient multiplicateur « éditorial », qui gonfle artificiellement le chiffre.
- Indiquer la méthode et la source des tarifs dans le rapport.
- Présenter l'AVE avec les autres indicateurs, jamais seul.
Appliqué avec cette rigueur, l'AVE donne un repère de valeur comparable d'une année sur l'autre. Pour Troyes La Champagne, il a atteint 175 000 € sur un seul mois en 2025. Notre définition de l'AVE détaille ses limites.
Indicateur 4 : les leads
Les leads mesurent ce que les retombées produisent en aval : visites sur votre site, demandes de brochure, contacts commerciaux, réservations. C'est l'indicateur qui relie les relations presse au chiffre d'affaires, et le plus difficile à attribuer.
Les outils pour les suivre
- Des liens suivis (paramètres UTM) dans les dossiers de presse et les communiqués en ligne.
- Des pages d'atterrissage dédiées à une campagne presse.
- Des codes promotionnels propres à un média ou à une opération.
- L'analyse des pics de visites dans les jours qui suivent une parution importante.
Les leads ne capturent jamais tout l'effet des relations presse : un lecteur peut réserver des mois plus tard, sans cliquer sur aucun lien. Ils restent le meilleur signal disponible pour relier la presse à l'activité commerciale.